Les P'tites Mains Dans les Grandes est une asssociation de familles dont l'objectif est de soutenir et d'embellir le lien enfant-parent. Nous mettons en place des ateliers d'activités, d'échanges et de partage...toujours dans la joie et le plaisir de se rencontrer !
Récemment j'ai pu assister à une rencontre avec le psycho-sociologue Jean EPSTEIN.
Cette rencontre qui se passait dans le célèbre café des enfants parisien, le Cafézoïde, avait pour thème le Jeu libre.
Vaste sujet et composante de la vie que le Jeu, le fait de jouer.
C'est en jouant et seulement en jouant que l'individu, enfant ou adulte, est capable d'être créatif et d'utiliser sa personnalité tout entière. Winnicott, 1975
Oui, le jeu est un élément vital ! Qui l'aurait cru il y a quelques années, du moins qui aurait cru qu'il était aussi bon pour l'adulte de continuer à jouer!
Mais revenons à l'enfant, puisqu'il est l'essence même de la vie, et que demain, il sera un homme...
Le jeu libre.
A l'heure où l'activité est synonyme de vie, de rentabilité, de ressource financière, jusqu'à la valeur d'une personne...
Que se passe-t-il?...
Les premières fois où j'ai été confrontée à cette notion de "laisser faire", c'est durant ma formation d'ergothérapeute, lors de modules sur des domaines psychologiques.
Le "laisser faire" qui pouvait aussi rimer avec le "non-faire", loin de signifier la même chose, mais deux comportements significatifs, en décalage avec nos habitudes d'actions à tout prix.
"Un lieu d'activités non définies permet aux patients/clients de se diriger vers ce qui leur permet d'exprimer leur problématique, peut par sa multitude de propositions pemettre à l'individu de trouver un moyen adpaté à ses capacités et besoins d'ex-primer ses ressentis. A ne pas oublier que le patient/client existe également par son non-faire dans un tel lieu ou lors d'une activité dirigée. Rien que par sa présence, il participe au groupe, ou bien à la séance, et peut en dire très long sur lui-même ou bien apprendre, s'enrichir énormément de la situation en restant assis sur sa chaise, immobile et muet..."
Oui c'est parti de là.
Considérer la personne qu'elle soit ou non en train d'agir, pour si peu qu'on puisse dire que rester immobile s'associe à ne rien faire : c'est déjà quelque chose!! Que cette personne agisse ou non, et dans notre cas, puisse se diriger librement vers ce qui va lui faire du bien...
Prendre en compte cette non-participation, ce comportement ou cette activité librement choisis, ce langage non verbal, ce retrait du groupe ou ce choix d'action, comme étant porteur d'un message, d'une action interne.
L'agir de l'indivdu prenait alors une signification, apportait à la connaissance d'une personne, prenait un rôle loin d'être anodin dans l'accompagnement thérapeutique.
J'ai pu accompagner quelques enfants lors de ma profession.
Là encore, l'activité parfois jeu, prenait une place considérable pour ces jeunes clients.
Alors que mes collègues tombaient sans fin dans cet hyperactivisme si réputé de notre société, je m'appliquais à résister à cette pression extérieure, et à mettre en place au sein de mon atelier, un espace de "laisser faire", de jeu libre.
Dans un contexte pathologique, parfois très lourd, je ne pouvais en effet m'attendre à y observer un développement cohérent entre l'âge, les capacités et la maturité affective. Néanmoins, beaucoup de choses s'y passaient, à l'apparence "occupationnelle" trompeuse, au vue de l'extérieur.
Depuis que je suis maman, les ponts se font.
Les théories et les pratiques se croisent. L'enfant assis devant moi, qu'il soit le mien ou celui d'un autre, avec ou sans difficulté, joue et grandit, apprend, prend plaisir, explore, partage...vit.
Jean EPSTEIN mettait en avant lors de cette rencontre les "trois cerveaux" mis en avant et mis en jeu lors du développement de l'enfant.
Il a longtemps été désigné un ordre de fonctionnement de ces cerveaux : l'individu apprend à faire quelque chose dans toute sa logique (cerveau gauche), comprend ces faits et gestes et les conséquences de ses apprentissages (cerveau droit), et à force de répétition, aime (3ème cerveau).
Et bien non! C'est bel et bien l'inverse que l'on observe : c'est bien souvent parce qu'un enfant apprécie une matière ou bien une personne (3ème cerveau) qu'il va de là chercher à explorer cet objet d'intérêt (cerveau droit) pour enfin apprendre (cerveau gauche)!
Et cette observation peut se faire à tout âge des apprentissages.
Elle se fait d'autant plus qu'il sera préservé un environnement adapté à ce genre de scénario...
Ainsi, lors d'une activité dirigée, l'enfant va pouvoir apprendre de manière accompagnée à suivre des horaires, les règles d'un groupe, composer avec les limites, un cadre structurant, découvrir une matière ou bien activité précise qu'on lui présentera, expliquera...
Lors du jeu libre, l'enfant va pouvoir spontanément se diriger lui-même vers ce qui l'attire, ce qui l'intrigue ou ce qui le rassure en fonction de ses besoins du moment. Il va ainsi pouvoir explorer des objets ou des activités qu'il aime pour petit à petit, après autant de répétitions qui lui seront nécessaires, apprendre le fonctionnement de cet objet, les étapes d'une activité...etc.
Jean EPSTEIN, qui a basé sa recherche sur des lectures, sur des observations et des rencontres, parle de la nécessité de la présence de temps "captif" où l'enfant suit un horaire et des consignes, et de temps "libre" où il est seul à naviguer en fonction de ses centres d'intérêts. Outre l'apport évident et très important pour la créativité de l'enfant, ces temps prennent toute leur importance pour son bon développement, surtout dans notre société actuelle où l'activisme prend une place de plus en plus dominante voire "écrasante" : l'enfant y apprend de manière non équilibrée à répondre à une logique, à attendre qu'on l'aide, et perd toute capacité à imagnier, créer, pour trouver par lui même les solutions à ses problèmes.
Il est nécessaire et évident de rappeler qu'un enfant ne sera jamais pareil que son voisin! Tandis que l'un, très littéraire, passera son temps à observer, à rêver et créer, l'autre de tempérament très logique (ce qui lui permettra d'entrer facilement dans les grilles d'évaluations de l'éducation nationale!! ;) ) manipulera avec joie, sans fin depuis toujours puzzles et autres jeux d'encastrement!
Notre rôle sera d'offrir à chacun un environnement ouvert à toute exploration, à tout fonctionnement personnel pour toujours permettre un développement équilibré et harmonieux de l'individu, dans le respect total de ses centres d'intérêt et de ses besoins.
Alors, pour nos enfants, prenons sur nous, réfléchissons à ce jeu libre et appliquons nous à :
Essayez...
En plus de respecter le développement de l'enfant, c'est très riche en ressentis pour vous, l'adulte, l'accompagnateur, le guide...